Productivité dans le secteur de la construction commerciale au Canada : Défis et opportunités

Le secteur de la construction est fondamental pour l’économie canadienne, jouant un rôle primordial dans le développement des infrastructures, la croissance de l’emploi et l’innovation dans les villes et régions du pays. Cependant, au Québec comme à l'échelle nationale, la productivité dans la construction reste un défi persistant. Bien que le secteur ait connu de nombreux progrès au fil des ans, plusieurs facteurs continuent d’entraver son efficacité et sa performance.

Dans cet article, nous explorerons les principaux facteurs qui affectent la productivité de la construction au Canada, selon trois organisations, afin de mettre en lumière les défis et les opportunités.

Association de la Construction du Québec

Selon l'Association de la Construction du Québec (ACQ), plusieurs facteurs impactent la productivité dans la construction au Québec. Ces facteurs, qui affectent également la productivité à l'échelle canadienne, comprennent :

  1. La performance organisationnelle : Une gestion de projet efficace et une bonne planification des ressources humaines sont essentielles pour maximiser la productivité.

  2. L’utilisation des progrès technologiques : L’adoption d’équipements performants, l’automatisation des tâches et l’amélioration des logistiques sont des leviers importants pour augmenter la productivité.

  3. Le temps d’arrêt sur les chantiers : Les interruptions inutiles ou les retards non planifiés augmentent les coûts et diminuent l’efficacité.

  4. La qualité de la main-d’œuvre : L’expérience, la formation et le perfectionnement continu des travailleurs sont cruciaux pour garantir des projets bien exécutés.

  5. L’intensité du capital : L’accès à des machines, équipements et outils modernes améliore considérablement l’efficacité des travailleurs.

  6. La polyvalence des métiers : Des travailleurs ayant des compétences multiples permettent une plus grande flexibilité sur les chantiers, ce qui peut mener à une réduction des délais.

Banque du Canada

Carolyn Rogers, la première sous-gouverneure de la Banque du Canada, souligne dans une déclaration du 26 mars 2024 qu’un faible taux de productivité affecte l’ensemble de l’économie canadienne, et le secteur de la construction n’échappe pas à cette règle. Elle identifie trois éléments clés pour améliorer la productivité :

  • L’intensité du capital : Mieux équiper la main-d’œuvre, notamment en fournissant des machines de pointe et en améliorant la production grâce à de nouvelles technologies.

  • La composition du travail : Améliorer les compétences et la formation des travailleurs pour une main-d’œuvre plus qualifiée et plus efficace.

  • La productivité multifactorielle : Optimiser l’utilisation du capital et du travail pour améliorer les résultats.

McKinsey

Dans son rapport, McKinsey souligne la faiblesse persistante de la productivité dans la construction, avec une croissance annuelle inférieure à 1 % au cours des 20 dernières années, tandis que l’économie générale a connu une croissance de 2,8 %. Les principaux facteurs de cette situation sont :

  • La lente adoption de l’innovation et de la digitalisation : Par exemple, le taux d’adoption du Building Information Modeling (BIM) est de seulement 60 à 70 % après 35 ans, alors que d’autres secteurs connaissent des taux d’adoption technologique bien plus élevés (90 %).

  • Des dépassements de coûts et de délais fréquents : Une étude réalisée en 2016 par McKinsey révèle que 20 % des projets de construction connaissent des retards, et 80 % sont livrés avec un dépassement des coûts.

  • Les nouvelles tendances en construction : McKinsey recommande de se concentrer sur la spécialisation des acteurs, une approche de construction basée sur le produit, l’analyse de la valeur et la logistique, tout en mettant l'accent sur la satisfaction du client et l'image de marque des projets.

Confiance du public

Le sondage Léger de 2022 a révélé que les entrepreneurs en construction sont classés 41e sur 50 professions en termes de confiance publique, avec un taux de 58 %. Bien que cette confiance ait légèrement augmenté par rapport aux années précédentes, avec un taux de 61 % en 2024, cela reste relativement faible par rapport à d’autres secteurs. Cette perception du public a un impact direct sur la réputation des entreprises du secteur et sur la compétitivité du marché.

Que retenir ?

En dépit des défis importants auxquels il fait face, le secteur de la construction commerciale au Canada dispose de nombreuses opportunités pour améliorer sa productivité. L'adoption de nouvelles technologies, l'amélioration des compétences des travailleurs, l'investissement dans de meilleurs équipements et l'optimisation des processus organisationnels sont autant de leviers susceptibles de stimuler la productivité du secteur. De plus, en mettant davantage l'accent sur la spécialisation des acteurs et en adoptant une approche centrée sur le client, le secteur pourrait non seulement relever les défis actuels mais aussi se préparer à un avenir plus compétitif et innovant. Il est necessaire que l'ensemble des parties prenantes du secteur collaborent pour mettre en œuvre ces solutions afin de garantir une croissance soutenue et une meilleure performance dans les années à venir.

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